Bien respirer

Bien respirer est une clé essentielle pour se sentir bien et être en bonne santé. La respiration est le processus par lequel a lieu l’échange vital entre oxygène et gaz carbonique dans nos poumons. Mais elle est aussi un moyen de gérer le stress, d’agir sur nos émotions, de stimuler notre système immunitaire, et de nous relier à l’énergie universelle. En un mot, la respiration nous permet d’agir sur toutes les dimensions de notre être, du plan physique au plus subtil.

Voici quelques conseils pour commencer :

1. Observer la façon dont on respire

La première étape pour réapprendre à bien respirer est de prendre conscience de notre respiration. Etre dans l’observation, sans juger, et sans analyser. Il s’agit de s’observer, afin de répondre simplement à ces questions : ma respiration est-elle haute ou basse, profonde ou superficielle ? Quel est mon rythme respiratoire au repos ? Quand je fais un effort physique ? Est-ce que je bloque ma respiration, et suis-je par moments en apnée ?

2. Comprendre l’anatomie de la respiration

A l’intérieur des poumons, les bronches se divisent en branches de plus en plus petites, les bronchioles, dont les parois musculaires se terminent en 400 millions de petites cavités, les alvéoles. C’est dans les alvéoles qu’a lieu l’échange vital entre oxygène et carbonique : l’oxygène est transporté à tout l’organisme par le sang, et les déchets gazeux, tels l’oxyde de carbone, sont ramenés par le sang et évacués au moyen de l’expiration. Généralement la mauvaise qualité de notre respiration fait que nous amenons rarement l’air vers les parties les plus profondes de nos poumons. Or, c’est là que se trouve la majorité des bronchioles et que la plus grande partie de notre sang attend son oxygénation. Nous devons donc apprendre à respirer profondément, pour ventiler la partie inférieure des poumons.

3. Prendre conscience du mouvement respiratoire

Dans le mouvement de la respiration naturelle, lors de l’inspiration, le muscle du diaphragme s’abaisse, les côtes s’écartent et la partie supérieure de l’abdomen se soulève, permettant aux poumons de s’emplir d’air, d’abord dans leur partie basse puis dans leur partie haute avec le soulèvement de la cage thoracique.
A l’expiration, le diaphragme revient à sa position initiale, le ventre s’aplatit, et les poumons se vidant d’air, la cage thoracique s’abaisse.
Cette respiration naturelle est celle que l’on peut observer chez les bébés, ou les animaux qui respirent spontanément par le ventre.
Mais généralement, à l’âge adulte, l’accumulation des tensions, notre posture et nos habitudes respiratoires font que nous respirons essentiellement par le haut en gonflant la poitrine, et en bloquant le diaphragme.
Or le diaphragme joue un rôle central dans le processus de la respiration. Nous devons donc lui porter une attention particulière…

4. Rééduquer le muscle du diaphragme

Selon le maître Taoïste Mantak Chia, le diaphragme « élève le cœur et attise le feu de la digestion et du métabolisme : ce muscle joue, de fait, un rôle mal reconnu dans la pérennité de notre santé, vitalité et bien être. »
En temps normal, sa contraction et sa détente rythmique créé respectivement un appel d’air qui dans l’inspir permet d’emplir la partie inférieure des poumons et d’assurer leur bonne ventilation, et dans l’expir de chasser l’air des poumons et d’évacuer les déchets de l’organisme (à ce propos, 70% d’entre eux sont éliminés par la respiration, le reste par les matières fécales, l’urine et la transpiration).
« Quand nous expirons pleinement, le diaphragme appuie fermement sur le cœur et les poumons, apportant vie et soutien à ces organes », explique Dennis Lewis, dans le Tao de la respiration.
On comprend l’importance de son rôle et à quel point il est essentiel de faire un travail de rééducation respiratoire de notre diaphragme pour qu’il puisse retrouver son mouvement naturel qui assure amplitude et profondeur à notre respiration.

5. Apprendre à relâcher les tensions

Le diaphragme est sous l’influence de la mobilité de notre colonne vertébrale et notre bassin, et tous les muscles qui leur sont associés. Il est également en interaction avec les organes internes de l’abdomen. Or nos crispations, qu’elles soient le fruit de nos réactions mentales ou émotionnelles, se cristallisent dans notre corps par le manque d’harmonie de notre schéma postural, par nos tensions musculaires, et tout particulièrement dans la région abdominale, lieu de notre « cerveau émotionnel ». Tout l’équilibre de notre être est perturbé.
Lorsque nous respirons mal, sous l’effet conjugué du stress, des émotions négatives, et de mauvaises habitudes respiratoires, le muscle du diaphragme ne remplit plus ses fonctions. En apprenant à relâcher nos tensions, nous aidons notre diaphragme à retrouver son amplitude et sa mobilité naturelle, et son action bienfaisante sur notre équilibre et notre santé.

6. Respirer avec le ventre

Pour retrouver une respiration naturelle, voici un exercice simple à pratiquer sans modération. Pour cela :
– En position allongée de préférence – même si on peut aussi pratiquer en position assise ou debout, poser la main droite sur le ventre (pouce au niveau du nombril) et la main gauche sur la poitrine. Laisser les deux coudes reposer au sol afin d’éviter toute tension musculaire
– Inspirer lentement par le nez, en gonflant le ventre et sans bouger la poitrine (la main droite monte, la main gauche reste immobile). Partir du bas ventre pour inspirer le plus profondément possible. Sentir le diaphragme s’abaisser, pendant que la partie inférieure des poumons se remplit d’air. Compter mentalement de 1 à 5.
– Expirer doucement, sans effort, en relâchant complètement et en laissant le diaphragme reprendre sa position initiale. Garder le même rythme de 1 à 5. L’inspir est actif, l’expir se fait sans effort, dans le relâchement.
– Progressivement, augmenter le volume respiratoire, passer à 6, puis 7… et aller jusqu’à 10, toujours sans forcer, à son rythme.
– Reprendre une respiration abdominale normale.
Cette respiration dénoue les tensions logées dans la zone du plexus solaire, stimule l’activité péristaltique des intestins et stimule les organes internes. Elle peut être pratiquée à tout moment de la journée.

Sources :

Le Tao de la respiration – Dennis Lewis

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